Un mot de la Bible : Shalom
Dans l’Ancien Testament, le « Shalom » est bien plus que la « paix », comme nous traduisons souvent ce mot.
En français, le mot « paix » signifie essentiellement l’absence de guerre ou de conflit. Et lorsque nous lisons dans nos pages de l’Ancien Testament ce mot, c’est avec cette définition que nous le comprenons. En hébreu, cependant, le shalom (שלום) qui se cache derrière la traduction de « paix » est bien plus que cela.
La traduction la plus littérale de shalom serait quelque chose comme « complet » ou « entier ». Il y a shalom quand quelque chose de complexe, avec différentes pièces, est complet. Ainsi dans le livre de Job quand il est question de compter son troupeau et de le trouver au complet, il est question de shalom. « Tu reconnaîtras que la paix (shalom) sera sous ta tente; Tu visiteras ton pâturage, et il ne te manquera rien. »
Ainsi, le bétail mais également les relations et l’humain peuvent être en manque de shalom, en manque de complétude. C’est cette espérance d’une paix complète, d’un état de finitude qui englobe l’ensemble de la personne et du monde qu’exprime le prophète Esaïe : « Car un enfant nous est né, Un fils nous est donné, Et la souveraineté (reposera) sur son épaule; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Renforcer la souveraineté Et donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, L’affermir et le soutenir par le droit et par la justice Dès maintenant et à toujours; Voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées. » (Esaïe 9:5-6)
Ce shalom fait alors son chemin jusque dans le Nouveau Testament. Si c’est en grec qu’il a été écrit, le mot « eirene » (εἰρήνην) traduit notre shalom. Dans l’évangile de Jean nous entendons Jésus dire à ses disciples : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Moi, je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’alarme pas. » (Jean 14:27). Si nous ne connaissons la paix, le shalom, que de manière imparfaite, Jésus est celui qui vient l’accomplir pleinement. Par sa mort et sa résurrection, il rétabli la relation abimée entre Dieu et l’humanité.
Paul à son tour nous exhorte à maintenir le lien de la paix. « Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. » (Ephésiens 4:2-3) Parce que la paix, le shalom, est plus que l’absence de conflit, elle demande une attention toute particulière.